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De la Révolution à nos jours 3

5 Février 2017

têtes, nous avait obligés à nous réfugier dans les vignes alors que les vaches s’étaient « réfugiées dans le trèfle » pour en consommer plus que de raison ! – souvenir de nombreuses munitions trouvées dans les hangars et greniers (il est arrivé à mon camarade et moi-même de nous promener dans la Klamm en tenant des grenades américaines par l’anneau de la goupille !) Un autre jeu était de détacher les balles, de les fixer avec un fil de fer sur le bas de la douille, face à l’amorce et de faire percuter celle-ci en lançant le tout en l’air. Avec la poudre, on arrivait à faire crépiter de belles flammes.

De beaux arbres de la forêt avaient été entaillés, prêts à être abattus par une charge de plastic pour faire barrage aux chars et beaucoup étaient truffés d’éclats d’obus, de balles, ce qui faisait le dépit de mon grand-père quand il s’agissait de scier le bois de chauffage : il fallait changer le ruban de scie à tout bout de champ. – Dans la forêt près du cimetière, dans le Tuechallmend, dans le jardin de l’école se trouvaient les tombes de soldats allemands. Sur celle du jardin scolaire dépassait un bout de botte. Les ossements et les effets personnels qui restaient entre les lambeaux de vêtements ont été récupérés vers 1948-50. J’ai assisté à l’ouverture des tombes et c’est resté profondément gravé dans ma mémoire. D’autre part, il restait dans la forêt bon nombre de bunkers souvent remplis d’eau : c’était un plaisir d’aller à la pêche aux têtards et aux tritons que je mettais dans l’abreuvoir des poules !

Il n’y avait pas d’école maternelle à Engwiller, mais dès 1947 j’ai été inscrit au CP : il fallait être plus français que Français : nous n’avions plus le droit de parler notre langue maternelle, le dialecte ! Sinon punition ! Heureusement les cigogneaux, sur le toit de l’école, continuaient à claqueter en alsacien !

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